Le blues du dimanche soir c’est cette mélancolie qui, suite à un weekend trop vite passé et à une nouvelle semaine de boulot à venir, vous donne envie de vous allonger sur votre lit en position fœtale en espérant que ça fera moins mal le lendemain matin. Bien évidement, le lundi matin arrive, le réveil sonne et qu’on le veuille ou non, on repart pour une nouvelle semaine.
Eh bien aujourd’hui, mon blues du dimanche soir, c’est celui qui me fait dire que tout fout le camp ma bonne dame/mon bon monsieur (rayez la mention inutile). Et accessoirement, ça peut faire un bon titre pour un article hebdomadaire, façon revue de presse.
Au nom des auteurs, par les éditeurs et pour les éditeurs.
Cette semaine a débuté, ou presque, avec le vote au Parlement européen de la Directive du Parlement Européen et du Conseil sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique, après un premier rejet et un lobbying digne des GAFAM de la part des organismes de perception et des éditeurs. Chacun a défendu son gagne pain dans cette histoire. Les auteurs ? On verra plus tard, quoi qu’on en dise.
Pour faire simple, l’objet de cette directive est de permettre une meilleure protection et une meilleure rémunération des créateurs sur internet. L’objectif est louable, indéniablement. Reste que deux points font débat dans ce texte.
Le premier point est l’article 11, qui institue une sorte de « link tax » par la création d’un droit voisin du droit d’auteur en faveur des éditeurs de presse (puisqu’on vous dit que c’est pour les auteurs). Le but est donc de faire payer Google, Facebook et les autres – qui génèrent de grosse sommes grâce à la pub et nos données – afin de renflouer les éditeurs de presse, pour mieux payer les auteurs au bout, enfin peut être, enfin, j’sais pas. Pour l’indépendance de nos médias, on repassera, puisqu’au final on va subordonner leur survie au bon vouloir des GAFAM. Ces derniers vont financer notre presse, presse qui veillera à ne pas trop froisser ces nouveaux financeurs afin de garder toute visibilité.
Le second point qui est discuté est l’article 13. Celui-ci vise le statut d’hébergeur qui permet aujourd’hui aux GAFAM, entre autres, de ne pas être inquiétés pour le contenu mis en ligne par les utilisateurs. Ici, on revient sur ce statut, et on rend responsable les hébergeurs du fait des contenus mis en ligne par les usagers du service. Ainsi, on peut aisément imaginer que les hébergeurs, et donc les GAFAM, feront tout pour ne pas engager leur responsabilité suite à cette nouvelle législation. Deux possibilités pour eux : payer, dans le cadre d’accords négociés avec les ayants droit, ou filtrer le contenu pour qu’il n’y ait rien de mis en ligne contre l’avis de titulaires de droits (ce qui en soit paraît légitime). Mais non content d’instaurer une présomption de culpabilité – on partira du principe que l’internaute est contrefacteur, même s’il bénéficie d’une exception au droit d’auteur –, la directive va entraîner un filtrage généralisé des contenus sur le net. Et c’est même Jean-Marie Cavada qui le dit sur son compte Twitter. On notera tout de même que le tweet en question a été supprimé par M. Cavada depuis… ça fait mauvais genre. La mode est donc à la capture d’écran pour citer les gens sur Twitter :
Pire encore, lors du vote de cette directive est passé, en catimini, un amendement sur les manifestations sportives : on ne pourra plus filmer d’évènement sportif en tribune qu’en fonction du bon vouloir des fédérations (!?). Même le rapporteur Axel Voss semble s’en étonner. A croire que les députés européens ont voté ce qu’on leur a demandé de voter. Un grand n’importe quoi en tout cas.
Pour un article plus approfondis sur le sujet, je vous renvoie vers l’excellent article de NextInpact sur le sujet : Directive Droit d’auteur : mais qu’ont voté les eurodéputés ?
La République n’est plus en marche, mais en roues libre.
Pendant ce temps là, plus près de chez nous la République en Marche (LaRem) est en roue libre.
L’affaire Benalla est de retour, et celui-ci va être auditionné par la commission du Sénat sur le sujet, après s’être lâché au sujet de ladite commission. Mais, cette affaire d’Etat qui n’en est pas une selon la communauté LaRem, doit finalement en être une vue l’inquiétude qu’elle semble provoquer chez eux.
Plusieurs personnalités politiques LaRem ont ainsi réagit, pour ne pas dire outrepassé leur fonction, à ce sujet. Par exemple, notre Garde des sceaux, Nicole Belloubet, met en garde le Sénat d’un empiétement sur le judiciaire (ici et là). C’est assez ironique de la part d’un membre de l’exécutif de parler de séparation des pouvoirs.
De son côté, M. Castaner, un poil complotiste, met en garde les sénateurs qui voudraient s’arroger un pourvoir de destitution du Président. Ce dernier n’est d’ailleurs pas en reste sur le sujet et se permet de contacter directement Gérard Larcher, Président du Sénat pour lui demander de faire lever le pied à la commission d’enquête. Vive la séparation des pouvoirs et la démocratie…
Dernière réaction : les sénateurs LaRem membre de la commission d’enquête du Sénat décident de boycotter l’audition de Benalla, ne voulant pas s’associer à une « mascarade ». La mascarade c’est plutôt le comportement du camp LaRem qui nous dit depuis le début que cette histoire n’est rien et que tout est réglé, mais qui s’oppose à ce qu’on creuse plus loin.
Personnellement, je ne sais plus si je dois rire ou pleurer de cette affaire, ni si tout cela cache effectivement quelque chose, mais j’ai assez hâte d’en connaître le dénouement.
Allons voir de l’autre côté de la rue, il y a du boulot.
Pour finir, notre Président, encore lui, avec toute l’arrogance qui le caractérise, vient dire à un jeune homme recherchant du boulot dans l’horticulture (pour quoi il a été formé), et n’arrivant pas à trouver du travail : « Je traverse la rue, je vous en trouve » et ajoutant : « Si vous êtes prêt et motivé, dans l’hôtellerie, les cafés, la restauration, dans le bâtiment, il n’y a pas un endroit où je vais où ils ne me disent pas qu’ils cherchent des gens ».
A écouter plus précisément son intervention, on comprend bien comment pour le président nous ne sommes qu’une matière première bonne à travailler, peu importe notre formation. L’équation est effectivement simple : Il y aurait 300 000 postes à pouvoir, faut caser une partie des 6 millions de chômeurs coûte que coûte. Moui, pourquoi pas. Mais je doute que ça soit aussi simple.
Au final, voilà moi ce qui me donne le blues le dimanche soir. Me dire qu’il faut repartir bosser demain, pendant que d’autres font n’importe quoi, et que c’est moi qui paie pour ça. Bref, tout fout le camp.
N.B.: Il faut voir ce billet comme un billet d’humeur sous forme de revue de presse, ou l’inverse, ou les deux… et j’espérais le poster dimanche soir… mais ça sera plutôt en début de semaine. On fera mieux la prochaine fois.